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David D. Harnish
Change and Identity in the Music Cultures of Lombok, Indonesia pp 118-144; https://doi.org/10.1163/9789004498242_006

David D. Harnish
Change and Identity in the Music Cultures of Lombok, Indonesia pp 300-314; https://doi.org/10.1163/9789004498242_012

David D. Harnish
Change and Identity in the Music Cultures of Lombok, Indonesia pp 210-240; https://doi.org/10.1163/9789004498242_009

David D. Harnish
Change and Identity in the Music Cultures of Lombok, Indonesia pp 1-31; https://doi.org/10.1163/9789004498242_002

Juan Luis Manfredi Sánchez
Published: 9 September 2021
David D. Harnish
Change and Identity in the Music Cultures of Lombok, Indonesia pp 55-96; https://doi.org/10.1163/9789004498242_004

R. Michael McCoy
Interpreting the Qurʾān with the Bible (Tafsīr al-Qurʾān bi-l-Kitāb) pp 206-213; https://doi.org/10.1163/9789004466821_008

Brigitte Le Juez
Le mythe au féminin et l’(in)visibilisation du corps pp 205-222; https://doi.org/10.1163/9789004470255_013

Abstract:
Certains critiques ont défini le mythe comme une parole relatant un événement et portant un message dont l’origine reste non identifiable. Marguerite Duras explore de façon créative la nature du récit mythique et des possibles identités de ses auteur et destinataire, par le biais du cinéma, tout en respectant les mécanismes qui assurent son universalité (comme l’effacement du genre de la voix et la superposition des temporalités). Partant des plus anciennes traces de la présence humaine sur terre, elle transporte le premier discours mythique, non écrit, jusqu’à nos jours. Cette trace, c’est la main négative, caractéristique de l’art du Paléolithique supérieur, dans laquelle Duras perçoit un cri d’amour. Le court-métrage qui s’y rapporte, et dont il est question ici, mêle passé et présent par l’usage d’un récit oral ne correspondant en rien au récit visuel qui l’accompagne: l’un parle au nom d’un homme préhistorique; l’autre montre des images sombres d’un Paris qui s’éveille, où seules des silhouettes noires nettoyant les rues se distinguent peu à peu. En actualisant le récit mythique dans un contexte socio-politique qui reste pertinent, Duras nous alerte sur l’inhumanité des sociétés modernes et nous interpelle quant à notre relation à l’Autre, révélant que l’invisibilité des êtres provient d’un aveuglement collectif consenti. Pour Duras, cet état de transparence universelle qu’elle perçoit de manière humaniste passe en premier lieu par elle-même, en tant que narratrice à la voix spectrale d’un récit mythique, Les Mains négatives, et en tant qu’attributaire et légatrice d’un amour atavique.
Gina Stamm
Le mythe au féminin et l’(in)visibilisation du corps pp 89-104; https://doi.org/10.1163/9789004470255_007

Abstract:
À quatre reprises dans une œuvre qui ne compte qu’une petite dizaine de livres, l’écrivaine et militante féministe « matérialiste » Monique Wittig a réécrit le mythe grec d’Orphée et Eurydice. Wittig transforme Orphée, poète comme elle, en serpent (Les Guérillères) et en femme (Le Corps lesbien), et recentre l’histoire sur Eurydice qui devient, de ce fait, bien plus que le trophée muet traditionnel. De surcroît, l’insistance sur ce mythe montre que Wittig épouse la figure d’Orphée, pour mieux refuser la logique des conventions patriarcales. Cependant, ce refus ne suffit pas à transformer Orphée en figure salvatrice. Se rendant en enfer dans Virgile, non pour en libérer les femmes qui s’y trouvent, Wittig découvre que ces femmes torturées ont accepté leur position dans le système en place, soit par conviction, soit par lassitude. Dans Le Corps lesbien, Orphée féminisé désespère de réussir à sauver sa compagne dont le corps pourrissant peine à la suivre. Mais en arrivant à la surface, la désintégration de ce corps révolte Eurydice. Pour réussir à sauver cette femme qui est à la fois l’écrivaine et son amante, Orphée doit donc aller au fond d’elle-même et déterrer ce qu’on y a condamné comme étant haïssable, afin d’apprendre à (s’)aimer pour qu’elle vive. Cette exhumation est un acte politique qui refuse les relations de genre dictées par une société qui justifie l’oppression des femmes. Ici, Wittig rejoint non pas les autres féministes françaises, mais les féministes noires de son pays d’adoption, les États-Unis, pour qui le travail à faire est intérieur avant tout et pour qui le soin de soi et l’amour « radical » de soi constituent des actes de résistance et les conditions nécessaires à un mouvement socio-politique radical.
Kamila Ouhibi Aitsiselmi
Le mythe au féminin et l’(in)visibilisation du corps pp 125-140; https://doi.org/10.1163/9789004470255_009

Abstract:
Léopold Sédar Senghor, poète de la négritude et intellectuel engagé, se lance à la recherche d’une identité noire dans un contexte colonial, en faisant appel à l’Afrique mythique d’un âge d’or perdu. Jean-Paul Sartre analyse ce mouvement naissant en transférant un personnage de la mythologie gréco-romaine vers le continent africain. Cet article, basé sur une approche comparative, montre que le renvoi au mythe classique fait du poète de la négritude un Orphée noir en quête de ses racines africaines pour en arracher la négritude, comme Orphée descend dans les entrailles de la terre pour y retrouver sa femme Eurydice. Contrairement au mythe initial, le mythe senghorien est tourné vers la redécouverte d’un passé mais également vers un avenir qui se caractérise par l’affirmation des valeurs culturelles africaines. L’âge mythique de la négritude n’aura pas été une quête stérile mais plutôt une étape transitoire en réponse au problème particulier de la place de l’Homme noir dans le monde et à la question universelle de l’acceptation de la différence.
Salomé Paul
Le mythe au féminin et l’(in)visibilisation du corps pp 159-178; https://doi.org/10.1163/9789004470255_011

Abstract:
Dans la tragédie Hippolyte d’Euripide, l’existence du désir sexuel de Phèdre, ainsi que son expression, apparaissent comme une transgression des lois socio-naturelles régissant les rapports entre les femmes et les hommes dans la démocratie athénienne du Ve siècle. Cette conception de la sexualité féminine comme aberrante et criminelle transcrit corporellement la situation des femmes dans la société androcentrique qu’était l’Athènes de l’époque classique. Le caractère patriarcal que possède la tragédie grecque, et qui est illustré dans l’Hippolyte d’Euripide, a été mis au jour par les recherches féministes menées depuis les années 1970, ainsi que par les transpositions contemporaines créées à partir du corpus tragique antique, ces dernières offrant notamment une représentation différente de la condition et de la sexualité féminines. Trois femmes dramaturges ont transposé la figure de Phèdre sur la scène européenne au XXe et au XXIe siècles: Marguerite Yourcenar dans Qui n’a pas son Minotaure? en 1956/1957, Sarah Kane dans Phaedra’s Love en 1996, et Marina Carr dans Phaedra Backwards en 2011. Toutes trois usent du corps sexualisé des personnages, qu’il soit mis en scène ou décrit dans les dialogues, pour construire le propos de leur pièce. Toutefois, ces représentations présentent de nombreuses divergences qu’il est possible d’associer au rôle différent attribué à Phèdre dans chacune de ces transpositions. La caractérisation de l’héroïne apparaît en effet comme un révélateur de la place qu’occupent les problématiques féminines et féministes au sein des œuvres dramatiques transposées.
Anne-Laure Bucher
Le mythe au féminin et l’(in)visibilisation du corps pp 241-257; https://doi.org/10.1163/9789004470255_015

Abstract:
Le féminin, dans la culture et à travers sa corporéité, n’est pas une thématique explicite chez Lévinas, il n’en a pas livré la théorie qui pourrait nous servir de guide. Pourtant, cette question est diffuse à travers toute son œuvre où le féminin est désigné comme «mystère» et comme «autre essentiellement». Elle se manifeste par des concepts imagés ou des métaphores théoriques (comme la demeure, l’hospitalité, la défaillance, la vulnérabilité, la fuite, le gémissement d’entrailles) qui séduisent et interrogent. Ces formulations plaisent car elles amènent dans le discours philosophique une présence concrète du féminin qui avait été exclue de la pensée pour être reléguée principalement dans les représentations artistiques. Elles dérangent cependant car elles semblent biologiser et naturaliser ce qui se veut une éthique non essentialiste. Alors que le rapport à l’autre-femme suppose un dépassement du «corps propre» du sujet masculin, un doute s’impose sur l’assignation des femmes à leur naturalité. De la même façon, la dimension historico-culturelle du féminin, à travers les figures bibliques ou littéraires, est convoquée et tenue en lisière, alors même qu’elle est porteuse de significations qui orientent la pensée et qui demanderaient à être éclaircies. Le philosophe affirme pourtant que son propos n’est ni anthropologique ni psychologique, mais qu’il vise les structures ontologiques. Au-delà de la description des phénomènes dans leur être immédiat, il s’agit de se situer au niveau de l’être comme événement sans retourner à une essence a priori. La dimension ontologique du féminin ne se révèle donc ni comme être caché derrière sa manifestation, ni dans l’immédiateté existentielle, ni comme révélation dans la culture. La question se pose de savoir si Lévinas est parvenu à faire émerger le féminin comme événement ontologique et comme éthique, ou si sa démarche s’est retournée contre son intention.
R. Michael McCoy
Interpreting the Qurʾān with the Bible (Tafsīr al-Qurʾān bi-l-Kitāb) pp 1-29; https://doi.org/10.1163/9789004466821_002

Christa Stevens
Le mythe au féminin et l’(in)visibilisation du corps pp 37-51; https://doi.org/10.1163/9789004470255_004

Abstract:
L’invisibilisation du corps féminin trouve son point focal dans celle de son sexe. Alors que dans la société occidentale d’aujourd’hui les images de femmes nues abondent, surexploitées, commodifiées, sexualisées, celle du sexe féminin ne se montre qu’au bout d’un processus de manipulation et d’appropriation. Ce statut d’invu et d’irregardable, frôlant l’obscène et l’interdit, suggère que la figure de la Méduse mythique, et notamment sa relecture par Freud, continue à hanter l’imaginaire occidental. Sans évoquer la figure mythologique directement, Marguerite Duras, dans une série de courts récits – L’Homme assis dans le couloir, La Maladie de la mort, Les Yeux bleus cheveux noirs – a lancé un défi à la persistance de ce mythe en élaborant des scènes où une femme offre son sexe à voir, à un homme. Il s’agira d’analyser les modalités de ces scènes où, à travers une focalisation masculine, se jouent les notions de l’obscène, de l’apotropaïque et de l’abject, et une mise en crise de la différence sexuelle.
Dorothée Catoen-Cooche
Le mythe au féminin et l’(in)visibilisation du corps pp 70-85; https://doi.org/10.1163/9789004470255_006

Abstract:
Le mythe tient une place essentielle dans l’œuvre de Pierre Jean Jouve, comme en témoigne une simple observation des titres dans les recueils poétiques, ou encore une étude brève des choix onomastiques en ce qui concerne les discours romanesques. Dans ces derniers, les imaginaires mythologiques viennent très largement influencer, voire guider, l’élaboration des êtres de papier, principalement féminins. Ainsi le personnage d’Hélène de Sannis, dans le dernier roman jouvien intitulé Dans les années profondes, apparaît comme inspiré de plusieurs mythes dont celui de Méduse : le corps de cette héroïne, déesse d’un nouveau genre, dissimule, sous une beauté séductrice, une dangerosité qui mène à la mort, mais également à une potentielle naissance à soi-même, pour qui parvient à braver les obstacles. Le magnétisme et la sensualité du personnage sont entièrement contenus dans sa chevelure qui occulte les autres attributs physiques et qui porte la signification narrative autant que symbolique du personnage.
Cheryl Toman
Le mythe au féminin et l’(in)visibilisation du corps pp 143-158; https://doi.org/10.1163/9789004470255_010

Abstract:
Dans La Femme aux pieds nus (2008), le deuxième roman de Scholastique Muskasonga, écrivaine rwandaise de renom, le lecteur constate deux corps maternels – le Rwanda, le pays natal de l’auteure, et la mère de Mukasonga, Stefania. Julia Kristeva décrit le corps maternel comme une «polyphonie» (2017). Dans le contexte rwandais, cette polyphonie se compose de vivants accompagnés de voix des hommes, des femmes et des enfants morts du génocide en 1994. Stefania n’était qu’une de ses victimes. Pour Mukasonga, les mythes de son peuple, les Tutsi, sont d’une grande importance pour pouvoir reprendre possession de l’histoire des Rwandais. Mukasonga privilégie dans son roman des mythes bibliques et tutsi, mais il y a aussi des mythes inventés ou réécrits. Il est pourtant probable que le lecteur occidental ignore les mythes tutsi, comme celui de Ruganzu Ndori, roi du royaume rwandais au XVIe siècle, connu pour ses pouvoirs mystiques. Les colons belges ont propagé leur propre version des origines des Tutsi et le génocide s’est avéré être le véritable aboutissement d’une guerre des mythes. Cet essai se concentrera surtout sur deux chapitres de La Femme au pieds nus, «Le pays des contes» et «Des histoires de femmes», dans lesquels Mukasonga infuse sa langue maternelle, le kinyarwanda, pour souligner une réappropriation des mythes tutsi «violés» par des Occidentaux. La réécriture des mythes chez Mukasonga suggère une sorte de recomposition du corps maternel absent. Ces mythes revisités représentant les voix éteintes du passé visent à aider non seulement leur auteure mais aussi la société rwandaise à se relever d’un passé marqué par la violence.
Irène Kristeva
Le mythe au féminin et l’(in)visibilisation du corps pp 52-69; https://doi.org/10.1163/9789004470255_005

Abstract:
L’article se propose de confronter les manifestations de l’érotisme émanant du corps voilé ou dévoilé de Diane, telles qu’elles se dégagent dans l’œuvre de trois érudits majeurs de notre temps. Le goût pour le mythe de Pierre Klossowski, Pascal Quignard et Roberto Calasso s’exprime, entre autres, dans leur passion commune pour les Métamorphoses d’Ovide. Or, malgré leur admiration pour la représentation du mythe par le poète prodige, ils sont conscients que l’unique chance d’en assurer la survie aujourd’hui réside dans sa recréation continue. Ainsi, nous allons analyser les relations éphémères instaurées par les métamorphoses de Diane, la gardienne de la chasteté, la séductrice redoutable, la souveraine de la chasse, en essayant d’en délimiter les perceptions particulières : une tentatrice involontaire pour Klossowski, une prédatrice exhibitionniste pour Quignard, une amazone impitoyable pour Calasso. Notre objectif sera de prouver, d’une part, que sa beauté fascinante exerce une attraction irrépressible qui incite le désir de pénétrer l’inconnu, le non-révélé, le dissimulé, et de démontrer, d’autre part, que ses métamorphoses offrent l’occasion d’aller en amont de l’animalité originaire.
Yaosca Bautista
Le mythe au féminin et l’(in)visibilisation du corps pp 223-240; https://doi.org/10.1163/9789004470255_014

Abstract:
Selon Northrop Frye, les références mythologiques collectives sont celles qui déterminent la production littéraire de chaque société. Divisée en deux catégories, «mythes de cohésion» et «mythes de liberté», cette mythologie représente les deux facettes d’une société libre. Alors que les «mythes de cohésion» se caractérisent par la continuité historique d’une communauté donnée, les «mythes de liberté» se rapportent à l’imagination et font allusion aux constructions discursives qui remettent en question ou influent sur le flux historique de la «cohésion mythologique», lié aux mythes fondateurs. Montserrat Roig, romancière née à Barcelone en 1946, et Gioconda Belli, poète de nationalité nicaraguayenne, née en 1948, écrivent à partir de et pour deux sociétés différentes et, par conséquent, le récit de chacune d’elles inclut une «mythologie de la cohésion» propre à sa culture. Cependant, la comparaison révèle une «mythologie de la liberté» proche, aussi bien dans leurs valeurs que dans leurs projections politiques, mais surtout par rapport à l’imaginaire autour du genre. Cette étude vise à analyser, à travers l’œuvre littéraire des deux auteures, comment sont actualisés les mythes fondateurs d’appartenances, ainsi que certaines des raisons possibles pour expliquer les similitudes entre deux écrivaines aussi éloignées géographiquement.
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